Devenir un taxi auto-entrepreneur : comment cela marche ?
Vous aimeriez évoluer dans le domaine du transport de personnes et envisagez exercer cette activité en indépendant plutôt qu’en salarié. L’un des choix qui s’offre à vous : la création de votre société sous la forme d’une micro-entreprise, de sorte à être taxi auto-entrepreneur. Quelles fonctions vous attendent en tant que chauffeur ? A quelles particularités est soumis un conducteur de taxi qui opte pour ce statut ? Quelles autres démarches que la demande de la carte professionnelle sont requises ? Voici un guide vous informant comment devenir un taxi auto-entrepreneur.
Le mEtier de chauffeur de taxi auto-entrepreneur
Les missions
Quand vous êtes un chauffeur de taxi auto-entrepreneur, ou lorsque vous opérez sous un autre statut, vous êtes responsable du transport de vos clients d’un point A à un point B, en assurant leur sécurité et en optimisant leur confort au sein de votre véhicule. Selon votre zone d’exercice, vous pouvez être amené à travailler dans des grandes métropoles, des villes de taille moyenne ou dans des zones rurales moins fréquentées. Cela peut alors influencer vos horaires et la gestion de chaque course.
Au même titre qu’un VTC, vous pouvez être amené à accomplir de longues distances, notamment des trajets vers les aéroports ou les gares. En tant que chauffeur au statut de micro-entrepreneur, vous pouvez également dispenser des services spécifiques, comme le transport de personnes handicapées ou malades, dés lors que vous disposez de l’habilitation de taxi conventionné.
Les compEtences
Vous avez fait le choix d’être chauffeur de taxi et prévoyez de lancer votre société pour être indépendant, comme le sont un certain nombre de chauffeurs de taxis en France ? Mais êtes-vous au fait des aptitudes requises pour exercer ce métier, bien au-delà de conduire votre véhicule en respectant les règles de circulation ? Voici les principales :
- Sens de l’orientation : vous devez avoir une bonne orientation (bien que cela soit bien plus évident que par le passé depuis l’apparition des GPS), et la capacité de choisir des itinéraires efficaces.
- Connaissance de la zone : connaître la zone d’exercice est on ne peut plus important. Cela permet notamment d’identifier les zones de stationnement et les alternatives pour éviter les embouteillages.
- Qualités relationnelles et de communication : un bon accueil et une communication claire sont indispensables. Il faut aussi savoir gérer les demandes et rester courtois, même en cas de conflit. Et idéalement, un conducteur de taxi auto-entrepreneur a la faculté de mener une conversation basique en anglais, s’il est amené à transporter régulièrement des clients étrangers.
- Gestion du stress : la capacité à rester calme dans des situations stressantes est obligatoire pour maintenir une bonne relation avec chaque client.
- Bonne condition physique : cette profession requiert de l’endurance et de la concentration, particulièrement pour assurer la sécurité pendant de longues heures de conduite.
- Se conformer aux obligations du statut et régime : exercer le métier de conducteur de taxi en auto-entreprise exige de respecter une réglementation stricte et des démarches administratives précises. Ce choix nécessite, outre l’achat ou la location d’une licence, et l’utilisation d’un véhicule aux normes, le respect du régime fiscal et social mais aussi les obligations de natures juridique et financière propres à cette activité.
Les conditions pour Etre chauffeur de taxi auto-entrepreneur
Les conditions pour devenir chauffeur de taxi sont assez strictes et sont régies par des lois spécifiques. Vous devez remplir certains critères administratifs et personnels avant de pouvoir exercer cette profession en toute légalité. Tout d’abord, avoir un casier judiciaire vierge, ce qui exclut toute personne ayant été condamnée pour certains types de délits graves. Et c’est somme toute logique, le rôle de chauffeur de taxi implique une grande responsabilité, notamment en termes de sécurité publique.
De plus, vous devez être titulaire du permis de conduire B depuis au moins trois ans pour être taxi auto-entrepreneur. Cette condition est réduite à deux ans si vous avez effectué la conduite accompagnée pendant votre formation. Le permis B est un prérequis indispensable, car il permet de garantir que vous avez les compétences de conduite nécessaires pour transporter des passagers en toute sécurité. Par ailleurs, il vous incombe d’avoir suivi une formation de premiers secours, à minima de niveau 1, pour être en mesure de réagir en cas d’urgence médicale.
Votre état de santé est également à considérer. Il vous faut passer un contrôle médical effectué par un médecin agréé, qui évalue vos aptitudes physiques à exercer cette profession. Il est impératif que ce contrôle médical soit favorable, sinon vous ne pourrez pas obtenir votre carte professionnelle.
Etre chauffeur de taxi auto-entrepreneur : 4 etapes incontournables
Reussir l’examen
L’examen d’habilitation est une condition sine qua non à remplir pour devenir chauffeur de taxi auto-entrepreneur. Il comprend deux épreuves : une théorique et une pratique. L’épreuve théorique porte à la fois sur les lois régissant la profession et la gestion de votre activité. La seconde consiste à démontrer vos compétences de conduite, mais aussi votre capacité à gérer un client et à naviguer dans un environnement urbain complexe. L’inscription à cet examen est entièrement réalisable en ligne sur cette plateforme.
La formation pour passer facilement l’examen
La motivation et la concentration le jour J ne suffisent pas. L’inscription à une formation taxi est recommandée pour les aspirants chauffeurs (en tant qu’artisan ou sous un autre statut), souhaitant créer leur entreprise et se préparer dans les meilleures conditions.
En effet, un parcours encadré par du personnel qualifié s’avère utile pour acquérir les compétences nécessaires à la gestion d’une micro-entreprise, en abordant des notions comptables, fiscales et juridiques indispensables. La formation couvre également la réglementation du métier et les obligations liées à l’exploitation d’une société de transport.
L’aspect sécurité routière y est de même central. Chaque candidat taxi auto-entrepreneur s’entraîne à rédiger un constat à l’amiable, à adopter une conduite rationnelle et à maîtriser la réglementation du Code de la route. Selon leur projet, les stagiaires peuvent opter pour la formation spécifique aux taxis parisiens ou une passerelle VTC – Taxi.
Parmi les établissements dans lesquels il est possible de réaliser cette formation pour réussir plus facilement l’examen et devenir taxi auto-entrepreneur, figure l’As des Formations. C’est un établissement certifié Qualiopi, dans lequel des formateurs d’expérience transmettent leurs connaissances. Les formations dispensées ont l’avantage d’être éligibles au Compte personnel de Formation (CPF).
Demander la carte professionnelle de taxi auto-entrepreneur
Vous avez passé avec succès l’examen d’habilitation, le plus dur est fait mais des démarches restent à accomplir. Il est alors nécessaire de demander votre carte professionnelle de taxi, qui ne doit pas être confondue avec la licence. Pour cela, vous remplissez une demande en ligne auprès de la préfecture et fournissez les documents requis.
Cette carte professionnelle est indispensable pour pouvoir exercer (en tant que taxi auto-entrepreneur ou conducteur sous un autre statut), car elle vous permet de prouver que vous avez les compétences nécessaires pour transporter des passagers en toute légalité. Son montant TTC excède à peine les 60 euros. Avant de vous délivrer la carte professionnelle, la préfecture s’assure que vous disposiez bien des prérequis.
Avoir l’Autorisation de stationnement (ADS) : la licence de taxi
Avant de pouvoir commencer à exercer votre activité de taxi, vous devez obtenir une autorisation de stationnement (ADS), la fameuse licence, appelée plaque dans le langage courant. Cette autorisation professionnelle est obligatoire et vous permet de stationner légalement votre véhicule dans les zones où vous êtes autorisé à travailler. Il existe trois manières d’obtenir une ADS quand on souhaite être un taxi auto-entrepreneur.
Vous pouvez solliciter gratuitement cette licence auprès de votre mairie, mais cela peut prendre plusieurs années avant de l’obtenir, dans la mesure où peu sont délivrées et nombre de personnes souhaitant devenir chauffeurs sous le statut d’artisan en font la demande.
Vous pouvez sinon faire le choix d’acheter une licence mais cette solution présente un coût conséquent. La troisième alternative : louer la plaque. Dans ce cas, il vous appartient également de créer votre société pour être un artisan taxi auto-entrepreneur.
Dans tous les cas, vous devrez suivre une formation continue tous les 5 ans pour pouvoir continuer d’exercer.
Les conditions d’exercice de taxi auto-entrepreneur
Le vehicule aux normes et equipe
Pour exercer le métier de chauffeur de taxi auto-entrepreneur, votre véhicule doit répondre à des normes strictes, comme c’est aussi le cas quand vous êtes un conducteur de VTC. Il doit comporter un certain nombre d’équipements obligatoires.
Parmi ceux-ci, on retrouve un taximètre homologué, qui permet de calculer le tarif des courses en fonction de la distance parcourue et du temps passé. Votre véhicule doit également être équipé d’un dispositif lumineux qui indique clairement qu’il s’agit d’un taxi, ainsi que d’une plaque indiquant votre numéro de licence et le ou les départements où vous êtes autorisé à exercer cette activité professionnelle.
Les assurances a souscrire
En tant que chauffeur de taxi auto-entrepreneur, vous êtes tenu de souscrire plusieurs assurances. L’assurance automobile professionnelle est essentielle. En effet, elle couvre les dommages causés à des tiers en cas d’accident lorsque vous êtes au volant de votre véhicule.
De plus, une assurance de responsabilité civile professionnelle est également recommandée pour couvrir les risques liés à votre activité. Enfin, une assurance protection juridique peut être utile en cas de litige, par exemple en cas de conflit avec un client ou une entreprise de location de licence.
La mobilite professionnelle du taxi auto-entrepreneur
Pour exercer votre activité de taxi auto-entrepreneur dans un département autre que celui où vous avez obtenu votre examen, vous devez acquérir la mobilité interdépartementale. Cette autorisation repose sur deux étapes essentielles.
- Suivre un stage de formation : il est obligatoire d’effectuer un stage dans un centre agréé. Ce dernier dure 14 heures, sauf à Paris où il s’étend sur 35 heures. Il permet l’acquisition des connaissances sur la réglementation spécifique ainsi que sur les caractéristiques géographiques, culturelles et touristiques du département visé.
- Obtenir une nouvelle carte professionnelle : l’autre obligation pour être taxi auto-entrepreneur dans un autre département est de solliciter une carte professionnelle actualisée. Celle-ci doit mentionner les départements où vous êtes autorisé à exercer. Cette démarche coûte approximativement 60 euros.
Le respect des tarifs et l’utilisation de l’application chauffeur
En 2025, le tarif minimum d’une course est toujours fixé à 8 euros, que vous soyez chauffeur de taxi auto-entrepreneur parisien ou non. Concernant les tarifs, voici les plafonds appliqués, à retrouver en ligne à cette adresse :
- 4,48 euros pour la prise en charge du passager ;
- 1,29 euros pour chaque kilomètre parcouru ;
- 41,76 euros pour le tarif horaire maximal.
Pour les taxis parisiens, les frais supplémentaires en cas de réservation restent inchangés par rapport à 2024 :
- un montant de 4 euros pour une réservation immédiate d’une course ;
- un montant de 7 euros pour une réservation à l’avance de la course.
Vous devez également utiliser une application de maraude agréée, afin que vos clients puissent facilement vous localiser. Pour exercer en conformité avec la réglementation, vous devez choisir une application « chauffeur » agréée par l’État et utiliser le service le.taxi, en accord avec le décret en lien avec le registre de disponibilité des taxis.
Ce registre centralise en temps réel les taxis disponibles et permet aux clients de vous localiser rapidement. Pour mieux comprendre son fonctionnement, vous pouvez consulter le guide d’utilisation dédié à ce registre, spécialement conçu pour les chauffeurs.
Le non-respect des tarifs ou des obligations liées à l’application peut entraîner des amendes et des sanctions. Vous devez également accepter toutes les courses dans un rayon de 500 mètres, sauf exceptions.
Les demarches financieres et d’ordre comptable
En tant que taxi auto-entrepreneur, il est nécessaire de déclarer son chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, selon le choix fait lors de l’inscription. Pour ce faire, il faut se rendre sur le site ou l’application Auto-entrepreneur de l’Urssaf et y inscrire l’ensemble des paiements encaissés pendant la période concernée.
Les charges sociales doivent être réglées sur cette même plateforme, à la même fréquence que la déclaration de chiffre d’affaires. Ces cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d’affaires réalisé.
Concernant les tâches d’ordre comptable, il est également essentiel de suivre les encaissements de manière régulière. Pour cela, il convient de tenir un livre des recettes, qu’il soit papier ou numérique, où tous les paiements effectués par les clients doivent être enregistrés de manière chronologique.
Parmi les autres démarches, la déclaration aux impôts doit être réalisée chaque année. Cela consiste à joindre le formulaire 2042 C Pro à la déclaration d’impôt sur le revenu afin d’y mentionner le chiffre d’affaires réalisé durant l’année précédente.
Les particularites fiscales
- Le chiffre d’affaires : le montant est plafonné à 77 700 euros par an. Si ce plafond est dépassé pendant deux années consécutives, le statut d’auto-entrepreneur est perdu.
- Les charges sociales : elles s’élèvent à 21,2 % du chiffre d’affaires. Cependant, si l’on bénéficie de l’Acre, ce taux est réduit à 10,6 % pendant la première année d’activité.
- Le versement libératoire : cette option, accordée sous certaines conditions, permet de régler l’impôt sur le revenu en fonction du chiffre d’affaires réalisé, et non selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Le taux applicable est de 1,7 % pour les prestations de services artisanales.
- Le CFE : c’est un impôt local à payer par toutes les entreprises exerçant une activité professionnelle non salariée. Un taxi auto-entrepreneur y est également soumis. Il existe toutefois certaines conditions d’exonération.
- La TVA : par défaut, un taxi auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA. Néanmoins, si le chiffre d’affaires de son entreprise dépasse 37 500 euros, il doit facturer la TVA à ses clients et la reverser à l’État.
Avantages et limites d’etre chauffeur de taxi auto-entrepreneur
Vous vous imaginez déjà au volant de votre véhicule, transportant votre tout premier client vers sa destination ? Et ceci sous le régime de l’auto-entrepreneur ? Mais êtes-vous certain que cela soit un choix judicieux ?
Les avantages
A savoir, créer sa société, sous la forme juridique de micro-entreprise est opportun à quelques égards. Ce régime simplifié pour indépendant permet une gestion administrative allégée, idéale pour un artisan souhaitant démarrer son activité sans lourdeurs comptables.
De plus, ce statut offre une grande flexibilité, ce qui peut être intéressant pour un conducteur souhaitant exercer en complément d’un autre travail ou tester son projet avant de s’engager pleinement.
Si vous êtes déjà propriétaire de votre véhicule et de votre licence, et que vos charges restent limitées (par exemple, si votre véhicule électrique nécessite peu d’entretien), ce statut peut alors être une solution envisageable.
Les limites
Toutefois, le statut de taxi auto-entrepreneur comporte plusieurs limites qui peuvent peser sur la rentabilité de votre activité. D’abord, vous ne pouvez pas déduire vos charges (carburant, entretien du véhicule, licence, frais téléphoniques, etc.), ce qui peut impacter fortement votre bénéfice.
Ensuite, vos cotisations sociales sont calculées sur votre chiffre d’affaires et non sur votre bénéfice, ce qui peut être désavantageux si vos frais sont élevés.
Enfin, votre chiffre d’affaires est plafonné à 77 700 euros par an. Si vous dépassez ce seuil pendant deux années consécutives, vous perdez le statut de micro-entreprise. Ainsi, un chauffeur de taxi auto-entrepreneur avec des charges importantes ou visant un revenu élevé aura tout intérêt à envisager un autre statut juridique plus adapté à son activité et à ses ambitions.
Taxi auto-entrepreneur : les choix du statut
Lorsqu’un chauffeur envisage de se lancer sans le statut d’auto-entrepreneur, plusieurs alternatives juridiques existent selon son projet et ses ambitions.
EI : l’Entreprise individuelle (EI) incarne un choix simple, idéal pour les conducteurs souhaitant exercer en tant qu’indépendant tout en bénéficiant d’un régime fiscal simplifié. Dans cette forme juridique, la responsabilité du taxi auto-entrepreneur reste illimitée.
EURL : Si l’entrepreneur souhaite limiter sa responsabilité tout en étant seul à la tête de son entreprise, l’Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) est une option intéressante. Ce statut offre une séparation claire entre le patrimoine personnel et professionnel.
SASU : la Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) s’avère adaptée pour ceux qui veulent une plus grande flexibilité et un régime social de salarié tout en restant le seul actionnaire de leur société.
SARL ou SAS : Si la création d’une société avec des associés est envisagée, les autres statuts ne vous concernent pas. Vous devez envisager la création d’une Société à Responsabilité Limitée (SARL) ou d’une Société par Actions Simplifiée (SAS). Elles permettent de répartir les risques, la gestion et les bénéfices. Ce choix est pertinent pour ceux qui prévoient de développer leur activité avec d’autres associés.
Taxi auto-entrepreneur ou VTC : des metiers pas totalement similaires
Le métier de chauffeur VTC consiste également au transport de personnes à la demande, mais il se distingue à plusieurs égards de celui de conducteur de taxi.
En premier lieu, les tarifs ne sont pas fixés de la même manière. Ceux des taxis sont réglementés, tandis que les chauffeurs VTC appliquent des prix libres, sauf s’ils passent par une application.
Ensuite, la transparence des prix varie selon le mode de transport. À bord d’un taxi, le montant de la course est généralement connu à l’arrivée, sauf dans le cas de forfaits spécifiques, comme pour les trajets vers un aéroport. Quand un client d’un VTC réserve sa course, le tarif lui est communiqué avant le départ.
Autre différence notable : la manière d’accepter des clients. Un taxi a la possibilité de réaliser de la maraude. Le chauffeur VTC, lui, ne peut transporter que des passagers ayant réservé leur trajet au préalable, notamment via des plateformes comme Uber ou Bolt.
En outre, le stationnement en attente de clients n’est pas autorisé pour les VTC. Contrairement aux taxis, qui disposent d’emplacements dédiés sur la voie publique, ils doivent rester en mouvement ou se garer sur un parking privé entre deux courses.
En France, en 2025, on compte environ 62 000 taxis, tandis que le nombre de chauffeurs VTC actifs dépasse les 56 000.